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Environnement et Terres Odanak


Mission

La Communauté d’Odanak fait partie du bassin versant de la Rivière St-François qui longe la communauté. Plus globalement, elle fait également partie du bassin versant du lac St-Pierre ainsi que de sa Réserve de Biosphère. Depuis 2007, elle a redoublé d’effort dans la mise en place d’activités  afin de mieux connaître et gérer les écosystèmes du territoire. Tout particulièrement, des inventaires et des initiatives développés pour la protection et la valorisation des espèces en péril ont donné place à de grands avancements. Le bureau Environnement et Terres d’Odanak a officiellement vu le jour en janvier 2009 après plusieurs années de travail sur le terrain. Les inventaires et activités de protection de l’environnement subventionnés par le Fonds Autochtone pour les Espèces en Péril (FAEP) en 2007-2008 et 2008-2009 ont été des points tournant vers le développement durable et l’élaboration du bureau. Le projet avec le FAEP se poursuit d’ailleurs en 2009-2010.

Types d’activités

Aujourd’hui, le Bureau Environnement et Terres s’implique dans un éventail d’activités environnementales sur le territoire :

1) Inventaire des espèces en péril :

  • Reptiles

  • Amphibiens

  • Flore

  • Faune aviaire (oiseaux)

  • Moules d’eau douce

2) Aménagement de l’habitat

3) Activités traditionnelles : 

  • Chasse

  • Pêche

  • Cueillette

4) Recherche de financement

5) Conseil et soutien à la gestion du territoire

6) Développement d’infrastructures éco-touristique et environnementales

7) Activités d’information et de sensibilisation

8) Implication et représentation de la communauté dans le domaine de l’environnement

9) Gestion écologique des batteries usagées

 

Objectifs : Des connaissances du territoire au développement durable

1) Connaissance du territoire

Approfondir les connaissances du territoire d’Odanak a été une motivation marquante lors de l’élaboration du projet avec le FAEP en 2007. Les écosystèmes exceptionnels présents à Odanak étaient vaguement connus. Des doutes sur la présence et surtout sur l’état des populations planaient encore. C’est sur ces pistes que les recherches ont débuté et ont permis de découvrir les espèces en péril ainsi que la faune et la flore qui s’épanouissent sur le territoire. Plusieurs faits ont pu être confirmés et reconfirmés tel l’écosystème exceptionnel de l’Île Ronde, la population de tortues peinte et de tortues serpentine des marais ainsi que la richesse inattendue des Domaines de St-François-du-Lac et de Pierreville. Les inventaires se poursuivent depuis trois ans et chaque année est remplie de découvertes.

2) Connaissance traditionnelles (CT)

À l’arrivée des Européens, les Premières Nations étaient adaptées à leur environnement par leur grande « connaissance de leurs écosystèmes, et par l’ingéniosité qu’ils ont mise à en tirer profit »1. Ces connaissances traditionnelles adaptées au fil des époques sont étroitement liées aux connaissances du territoire et au développement durable. Les CT diffèrent de celles du territoire : non seulement elles incluent la localisation des espèces sur le territoire, mais comprennent également comment ces espèces interagissent ensemble et avec l’écosystème qu’elles partagent. Les CT assument que l’humain prend part à l’équilibre de la nature. Plusieurs intervenants en environnement admettent « l’incapacité actuelle de la science occidentale […] à répondre efficacement à des questions environnementales d’ampleur et de complexité croissantes […] », ce qui  « a ouvert la porte à l’acceptation d’autres sources de connaissances » telles les CT 2. Ces connaissances sont donc une base importante de la gestion durable des forêts et des écosystèmes pour l’équipe d’Environnement et Terres.

3) Développement durable (DD )

L’objectif ultime du Bureau se résume en deux mots : développement durable (DD). Par leur importance environnementale, les projets sur les espèces en péril permettent à la communauté d’Odanak de se diriger vers le DD. Cependant, l’atteinte de cet objectif est un travail à long terme et qui se doit d’être constant. Il faut le voir comme un chemin sur lequel on se dirige plutôt que comme une fin en soi.

Le DD  consiste au développement d’une communauté selon trois axes répartis équitablement : les domaines sociaux, économiques et environnementaux. Ce concept se base sur l’idée simple de permettre aux générations futures de profiter des mêmes éléments culturels, sociaux et environnementaux que leurs ancêtres. En mettant l’étroite interaction entre ces trois aspects en évidence, le DD rappelle aux décideurs de notre société que développer une communauté seulement par son économie mène à l’épuisement des ressources et laisse la condition sociale vaguer selon les fluctuations du marché mondial.

4) Environnement

Ce volet consiste à élaborer un cadre, des activités et des infrastructures qui mènent vers la conservation et la valorisation d’un environnement sain. Nous sommes en constante interaction avec notre environnement tant pour l’exploitation des ressources naturelles que pour la satisfaction de nos besoins primaires, tel qu’avoir accès à de l’eau et de l’air de qualité. Pour avoir accès à ces ressources et qu’elles soient de qualité, il faut comprendre et protéger autant les espèces fauniques et floristiques que le milieu dans lequel elles vivent. Poissons, reptiles, mammifères, insectes et plantes sont en relation à travers la chaîne alimentaire et à travers le rôle écologique qu’ils jouent au sein d’une rivière, d’une forêt ou d’un marais. Conserver cet équilibre permet à une communauté de vivre et de se développer dans un environnement où l’air, l’eau, la nourriture et les autres ressources qu’on y trouve sont présents en quantité et qualité suffisantes.

5) Communauté

La raison d’être du développement durable est le bien-être de la communauté. Sans une communauté, le DD est inutile. Pour qu’une communauté  se développe en santé, elle a besoin autant d’un environnement sain que d’une situation économique stable. La valorisation d’une communauté passe par celle de l’environnement et de l’économie, mais aussi directement par le bien-être de chacun de ses membres. Dans un contexte de raréfaction des ressources et de dégradation des sols agricoles, plusieurs défis attendent les populations du globe. Pour que chacun conserve la liberté de cueillir des fruits, de chasser du gibier, de parcourir le territoire à pied, en canot ou en VTT, chaque action doit être remise en perspective.  Il s’agit d’un énorme défi, mais qui est la motivation ultime des avancements faits par l’équipe d’Environnement et Terres.

6) Économie

Dans le contexte dans lequel nous vivons, l’économie a un impact direct sur nos vies, que ce soit sur notre budget ou sur notre santé. Les industries et commerces de toutes tailles fournissent des emplois, mais produisent inévitablement des déchets. Pour qu’une industrie soit bénéfique pour une communauté, il faut donc qu’elle assure des emplois de qualité à long terme et que son impact sur l’environnement (et indirectement sur la santé) soit minime. Le Bureau de Gestion Environnement et Terres s’implique donc auprès du développement économique de la Communauté d’Odanak pour conseiller et au besoin, pour participer à l’élaboration de certains projets.

Projet 2007-2008

L’acquisition des connaissances du territoire et le développement des capacités

En mai 2007, armés de leurs bottes d’eau, Michel Durand (initiateur et gestionnaire du projet), Luc Gauthier Nolett (technicien) et Aliké Harel (technicienne) ont entrepris l’inventaire des reptiles, des amphibiens et de la flore rare des milieux humides d’Odanak. Il s’agissait d’une première pour la communauté et pour la région.

Le projet avait comme principal objectif de trouver les espèces en péril de la faune et de la flore d’Odanak. Cet inventaire a permis de compléter les connaissances du territoire. De plus, le projet a développé les capacités du gouvernement w8banaki en environnement, a mené à l’acquisition des données scientifiques et biologiques du territoire et a développé des outils de sensibilisation.

Afin que rien n’échappe à leurs yeux, l’équipe s’est entourée d’experts de plusieurs domaines. Pour étudier le territoire d’Odanak, une équipe de techniciens de l’Ecomuseum (Mathieu Ouellette et son équipe), spécialistes des reptiles et amphibiens, a participé et guidé les inventaires de tortues, couleuvres, salamandres et grenouilles. De plus, 2 botanistes (Louise Gratton et Kim Marineau) ont participé aux inventaires floristiques. Des spécialistes de Santé des Forêts, du Service canadien des forêts (Jean Thibeault et son équipe), ont également évalué la santé des noyers cendré (Juglans cinerea), une des espèces en péril du territoire. Un aménagiste du territoire (Michel Mongeon) s’est impliqué en participant et en conseillant l’équipe tout au long de son cheminement. Les zones d’inventaires en ordre d’importance ont été : les marais, la forêt et les zones boisées de la communauté, l’Île Ronde et le Domaine de St-François-du-Lac.

L’année 2007 a donc permis de connaître l’ensemble des reptiles et amphibiens d’Odanak, en péril ou non, pour la première fois. La flore, bien que déjà étudiée, a subit un inventaire plus précis et détaillé qui a permit d’identifier les espèces en péril et leur habitat. Finalement, les activités de 2007 ont permis d’identifier les habitats particuliers des espèces en péril sur le territoire d’Odanak. Par le fait même, les besoins de la communauté en protection de l’environnement ont été cernés de façon éclairée pour l’année 2008.

Projet 2008-2009

La caractérisation des habitats d’espèces en péril et développement des capacités

En 2008, les objectifs du projet, toujours financé par le FAEP, ont été affinés et étendus. Avec la même trame de fond de développer les capacités de la communauté, les inventaires se sont principalement concentrés sur la caractérisation des habitats d’espèces en péril et sur un nouveau volet, les moules d’eau douce. Annie Paquet du Service de la biodiversité et des maladies de la faune du Ministère des Ressources Naturelles et Faune a formé l’équipe de travail 2008 et confirmé les identifications des moules en péril. L’inventaire des moules effectué à  la fin de la saison estivale a permis la découverte d’une grande biodiversité de moules dont trois en péril. Les pluies abondantes ont entravé les inventaires, de plus amples recherches ont été prévues pour la saison 2009.

L’habitat de la salamandre à quatre orteils a été davantage défini et sa population est mieux connue. Davantage d’individus ont été répertoriés et des sites évalués comme adéquats en 2007 ont été fouillés. Trois nouveaux habitats ont été trouvés dont 1 sur l’Île Ronde confirmant une fois de plus la richesse de cette île.      

Dans la forêt d’Odanak, deux peuplements d’aubépines ont également été étudiés et 2 espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables y sont présentes (Crateagus puinosa var. pruinosa et Crataegus brainerdii). En 2008, la sensibilisation a pris une plus grande importance. C’est ainsi que plusieurs groupes de visiteurs ont participé à une séance d’interprétation sur les tortues et les milieux humides à quelques mètres du marais.

L’élaboration de demandes de financement a mené à l’obtention de subventions de la part de la Fondation pour l’environnement d’Hydro-Québec, du FAEP ainsi que du Ministère des Affaires Indiennes du Canada pour les activités 2009-2010.

 

Projet 2009-2010

À venir…

 

Sources

  1. Dickason, Olive Patricia (1996) Chapitre IV Le Canada à l’arrivée des Européens dans Les Premières Nations, Québec, Septentrion, pp 62-78.
  2. Stevenson, Marc  (2005). Connaissances Traditionnelles et gestion durable des forêts. Réseau de gestion durable des forêts, Edmonton, Alberta. 18 p

 

 


 

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Dernière modification : 9-05-2010